En plus des avantages de pouvoir exprimer ses émotions dans une langue bien
connue, faire son analyse dans la langue maternelle est une question de travail
psychanalytique. La première langue apporte tout l’affectif coloré des premières
relations de l’enfance et tout ce qui les accompagne: tendresse, affection, la
découverte étonnante du monde, les souvenirs les plus primitifs, les moments
décisifs de la formation de l’identité, les premiers amours.

Bien sûr, une analyse peut être réalisée dans n’importe quelle langue
connue du duo, mais la langue maternelle apporte cette couleur
différenciée. C’est peut-être parce que j’ai réalisé l’importance de l’affection
présente dans la langue d’origine que j’ai été si attiré par l’apprentissage
d’autres langues. Ce qui, métaphoriquement parlant, représente très bien
la fonction d’un psychanalyste : apprendre le langage de l’inconscient de
son analyse. Ma deuxième langue est Frances (dans laquelle je parle
quotidiennement) et la troisième est l’anglais (avec une bonne
compréhension et une certaine fluidité).